Le VIH et le SIDA : 4 idées reçues qui ont la vie dure

Le SIDA, une maladie de vieux ? Hum, pas vraiment. C’est vrai qu’on en parle beaucoup moins dans les médias et au quotidien, alors que, dans les années 80-90, c’était la guerre. Pourtant, depuis quelques années, le nombre de personnes atteintes par le VIH ne diminue plus. Il est même reparti à la hausse entre 2007 et 2013. En cause : des jeunes mal informés et des idées reçues qui ont la vie dure ? On relève le défi : on t’explique le VIH et le SIDA en mettant à mal 4 idées reçues.

Le SIDA, c’est cette maladie qui a fait tant de bruit dans les années 80 et 90, et qui a terrorisé la planète entière. Mais, continuer à la conjuguer au passé reviendrait à jeter la maladie aux oubliettes, alors qu’elle est encore bien présente, à l’étranger comme en France.

En 2018, 6 200 français ont découvert qu’ils étaient positifs au VIH. Halte aux idées reçues !

Idée reçue n°1 : Si on a le VIH, on a le SIDA

On peut être positif au VIH (écrit HIV, dans sa version anglophone), sans pour autant avoir le SIDA. Première chose : ces termes ne facilitent pas du tout la compréhension de cette maladie, on te l’accorde. Deuxième chose : l’amalgame est bien souvent fait.

Le Virus de l’Immunodéficience Humaine affaiblit le système immunitaire. C’est-à-dire qu’il détruit progressivement les cellules immunitaires, celles qui sont chargées de nous protéger des maladies. Ces cellules essentielles sont appelées des lymphocytes CD4.

Avec le temps, et sans traitement, le système immunitaire atteint par le VIH perd en efficacité. Des maladies peuvent alors survenir. Lorsque c’est le cas, la personne est à un stade avancé de l’infection : on dit qu’elle a le SIDA. Elle a un Syndrome d’Immunodéficience acquise.

Donc, en l’absence de traitement, le VIH est responsable du SIDA, qui peut alors avoir des conséquences désastreuses, jusqu’au décès.

Idée reçue n°2 : Le VIH, on n’en meurt plus, ce n’est plus d’actualité

Selon Santé Publique France, en 2018, 5,8 millions de tests ont été réalisés en France. Parmi ces tests, 6 200 individus ont découvert leur séropositivité. Et, 29% d’entre eux étaient à un stade déjà bien avancé de la maladie.

Aujourd’hui, le SIDA aurait tué près de 35 millions de personnes dans le monde. Et le nombre continue d’augmenter, à l’étranger comme en France. Certes, dans une moindre mesure en France qu’il y a plusieurs années. Toutefois, le SIDA est une affection chronique lourde, qui impacte les activités du quotidien. 173 000 personnes vivaient avec le VIH en 2016.

Depuis la fin des années 90, depuis qu’un traitement a été trouvé, la maladie est banalisée. Les médias n’en parlent plus. Les cours d’éducation sexuelle non plus. Si tu te rappelles qu’un prof’ ait parlé du SIDA, lève la main !

De plus, si personne dans notre entourage n’est touché, difficile de prendre au sérieux le risque de la maladie.

Alors, progressivement, la maladie, ses modes de transmission, sa gravité et les conséquences sur le quotidien, ont été victimes de représentations faussées.

Par exemple, selon un sondage de l’association Sidaction en 2019, 13% des jeunes de 15 à 24 ans interrogés pensent que le VIH se transmet en buvant dans le verre d’une personne.

23% s’estiment mal informés. D’ailleurs, de ton côté, penses-tu être bien informé sur le sujet ?

Pourtant, cette tranche d’âge – âge des 1ères relations sexuelles – représente près de la moitié des infections dans le monde.

D’autre part, le traitement ne guérit pas une personne atteinte par le VIH. Il empêche plutôt le virus de se multiplier.

En effet, ce traitement consiste en l’administration de 3 molécules. Ces médicaments, aux doses plus ou moins puissantes selon le stade de l’infection au VIH, bloquent l’évolution de celle-ci. Cette trithérapie empêche ainsi l’infection d’évoluer vers le stade SIDA et diminue le risque de transmission. Elle est d’autant mieux contrôlée si le traitement est initié précocement. Alors seulement, la personne atteinte vit presque normalement, avec un quotidien ponctué de consultations médicales régulières.

Idée reçue n°3 : Le VIH se transmet lors de rapports homosexuels

Voilà l’idée reçue qui perdure le plus : les gays sont les plus atteints par le VIH et le SIDA. Si l’on en croit l’histoire, le virus a été découvert chez 5 patients homosexuels à Los Angeles.

Pourtant, plusieurs études (notamment celle de Santé Publique France en 2018) montrent qu’il touche plus souvent les hétérosexuels (56%). Viennent ensuite les gays (40%), puis les usagers de drogues injectables (2%), et d’autres causes de l’ordre de 2% également.

De plus, à l’échelle mondiale, les femmes représentent la moitié des personnes infectées par le VIH.

Maintenant que cette idée reçue est démantelée, venons-en à cette fameuse transmission.

Le virus se transmet :

  • Lors de rapports non protégés par un préservatif, par pénétration vaginale ou anale, parfois lors d’une fellation
  • Par voie sanguine, lors du partage de matériel d’injection de drogues, ou lors d’un accident d’exposition (auquel peuvent faire face les soignants)
  • De la mère à l’enfant, lors de la grossesse, de l’accouchement ou de l’allaitement ; sauf si la mère est traitée

Toutefois, s’agissant de rapports sexuels avec une personne contaminée (ou potentiellement contaminée) au VIH, le virus n’est pas transmis systématiquement.

En effet, il peut se transmettre lors du 1er rapport, ou au bout de plusieurs rapports, ou alors jamais.

De plus, quand une personne séropositive est sous traitement, que la charge virale n’est pas détectable depuis plus de 6 mois, et qu’elle n’a pas d’infection sexuellement transmissible (IST), le VIH ne peut plus se transmettre.

Idée reçue n°4 : Si je n’ai pas de symptômes, je ne suis pas malade

Une contamination au VIH peut entraîner certains symptômes dans les 5 à 30 jours suivants. La personne infectée peut avoir de la fièvre, une diarrhée, des éruptions cutanées, des malaises, des courbatures, des grosseurs au niveau du cou, des douleurs abdominales ou encore être très fatiguée.

Cependant, le virus ne se manifeste plus physiquement pendant plusieurs années. Cette phase sans symptômes peut durer jusqu’à 10 ans. Pendant ce temps, le système immunitaire se dégrade lentement, pouvant conduire au SIDA.

Il est donc essentiel de réaliser un test de dépistage si tu t’es exposé à un risque.

Ce test vise à détecter des anticorps dans le sang, qui luttent contre le virus. Si le résultat est positif, la personne est dite séropositive.

Il existe 3 types de dépistage :

  • La prise de sang, en centre de dépistage (CeGIDD) ou dans un laboratoire (remboursé à 100% sur ordonnance du médecin). Ce test sérologique est fiable 6 semaines après exposition à un risque.
  • Le TROD (Test Rapide d’Orientation Diagnostique), qui prélève une goutte de sang au bout du doigt, fiable 3 mois après l’exposition au risque. Il est possible de le réaliser au sein d’association ou auprès de dispositifs habilités. Cependant, s’il est positif, il doit être confirmé par un test classique.
  • L’autotest, que l’on peut acheter en pharmacie et faire soi-même, fiable 3 mois après l’exposition au risque et dont le résultat apparaît en 15 minutes.

On te recommande de faire le dépistage si :

  • Tu as eu un rapport non protégé, ou si le préservatif a craqué.
  • Si tu envisages une vie de couple : faites tous les deux le dépistage avant d’arrêter le préservatif.
  • Si tu es ou a été usager de drogues par injection et que tu as échangé du matériel.

Aussi, il existe un traitement post-exposition (TPE) d’urgence. Pris dans les 4h à 48h après l’exposition, il permet de détruire le virus avant qu’il ne se développe dans l’organisme. Ce traitement est accessible auprès des services d’urgences hospitaliers.

Toutefois, le préservatif est le meilleur moyen pour se protéger du VIH, et donc du SIDA. Si tu as plusieurs partenaires sexuels et que le préservatif s’est fait oublier une ou plusieurs fois, on te conseille de te faire dépister. Parce que le VIH, lui, ne doit pas être oublié. Pour info, dans un CeGIDD, le dépistage est anonyme et rapide.

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